Préparez-vous à lire 😉

Sponsors

Pour pouvoir prendre part à la Batirun, il fallait verser un droit d’entrée de 1800 € dont 1/3 a servi à acheter les matières premières pour le chantier et les 2/3 restant ont payé l’hébergement et le transport.

La timide que je suis a dû prendre son bâton de pèlerin et pousser les portes d’entreprises locales qui, partageant mes convictions, ont accepté de m’accompagner dans cette folle aventure. Je ne pourrais jamais assez remercier les 3 entreprises qui m’ont permis de réunir les fonds nécessaires pour financer ce fameux droit d’entrée.

 

 

Fournitures scolaires et vêtements pour bébé

Chacun des 50 bénévoles pouvaient emporter jusqu’à 46 kg de bagages.

La Batirun oeuvre à améliorer les conditions de scolarisation des enfants sénégalais. J’ai pensé que les 49 autres bénévoles allaient apporter, en priorité, des fournitures scolaires. J’ai alors décidé de récolter des vêtements bébé pour le dispensaire local. Toutes les familles ont dans leurs placards des vêtements bébé inutilisés parce que les enfants ont grandi. Plutôt que les garder pour finir par les donner dans quelques années, j’ai lancé un appel à mes proches, voisins et collègues qui ont fait le vide et m’ont permis de partir avec près de 40 kg de vêtements bébé.

La préparation physique

Pendant 9 mois, j’ai couru, fait du vélo et de l’aquabike pour préparer mon corps à l’intensité de l’effort pendant cette semaine.

Les mois passant, j’ai quitté le bitume pour m’aventurer sur des chemins de trail et m’habituer à avoir des appuis fuyants et/ou irréguliers.

Les 3 dernières semaines avant le départ, j’ai passé une étape en courant 4 jours d’affilé pour que les 5 jours de chantier et course ne soient pas trop rudes.

J’ai fait cette préparation à l’instinct, sans me mettre de pression, sans me blesser et en variant les plaisirs sportifs pour éviter la routine.

L’aventure

Jour 1 – Samedi 2 décembre 2017 – Jour du départ

Lever à 5h30 pour partir en blablacar. Jacques, mon conducteur, est un grand bavard ce qui permet de ne pas voir passer les 4h de route.
J’arrive vers 11h à Orly où je retrouve  Julie. Après des échanges par mail et par SMS, nous finissons enfin par nous rencontrer. Et sans surprise, le courant passe tout de suite. La #batirun a su créer une belle amitié.

RDV à 13h30 avec l’ensemble des bénévoles . Et nous voilà partis pour 3h de lente déambulation (enregistrement, douane, scan des bagages) avant d’embarquer pour 5h d’avion.
Vers 22h, nous atterrissons à Dakar. A cette heure, il fait toujours 27°C et nos vêtements d’hiver sont de trop.
Après avoir montré patte blanche à la douane, nous récupérons nos bagages. Tout le monde est donc venu avec 2 valises pleines de quelques vêtements mais surtout de fournitures scolaires, d’outils de chantier et d’affaires pour le dispensaire. Autant dire que nous sommes tous très chargés.

Nous montons ensuite dans un bus pour près de 3h de route. Je passerai les 3/4 du chemin les yeux écarquillés et embués de retrouver cette Afrique qui m’est si chère.
Nous troquons le bus pour un diagadiaye pour parcourir les derniers kilomètres dans la sable de la brousse sénégalaise.

Nous arrivons enfin au lodge qui sera notre maison pendant la semaine. Il fait nuit noire mais je sais déjà que, le lendemain matin, le delta du Saloum me subjuguera.

Jour 2 – Dimanche 3 décembre 2017 – Journée découverte

Après 3h de sommeil entrecoupées par l’appel à la prière de 5h, je me lève accompagnée du chant des oiseaux et là…. le voilà; le delta du saloum. Magnifique *-*
Je passe la matinée à explorer les lieux (lodge et alentours).

Après le déjeuner, nous partons sur le chantier. Ce sera une salle de classe dans le collège CEM 2 de la ville de Diofior.
Le principal du collège, le représentant des parents d’élève et le contremaître nous attendent pour nous expliquer l’importance de cette salle de classe supplémentaire. Ce collège accueille 12 classes dont 1 nomade qui passe de classe en classe quand il y a des dispos.
Notre mission prend tout son sens.

Il va falloir prendre des forces parce que dès le lendemain, il va y avoir du travail.

Jour 3 – Lundi 4 décembre 2017 – 1er jour de chantier

Départ vers 7h30. Les parents d’élèves du collège se sont cotisés pour nous permettre de faire l’aller-retour jusqu’au chantier (40 min) en charrette.
Arrivés sur place, nous mettons nos gants et nos casques de chantier avant d’entamer le travail. #travaildequipe
Fin de matinée, objectif atteint : murs montés et peinture des fenêtres, poutres et porte : ok.
Le retour en charrette se fait sous la chaleur pesante du soleil.

La 1ère course du soir s’annonce étouffante. 7,3 km le long du delta, en passant par les champs d’arachides déjà récoltés et dans le sable. Exténuant mais magique de faire partie de cette nature exigeante et implacable.
L’expression « dépassement de soi » prend, à la fin de cette journée, pleinement son sens.

Jour 4 – Mardi 5 décembre 2017 – Jour des enduits

Départ pour le chantier sur nos désormais traditionnelles charrettes.

L’équipe s’active à faire les enduits extérieurs et intérieurs. A coup de truelles et de taloches, le chantier avance bien.
En parallèle, une partie de l’équipe prend le temps de refaire la peinture des volets des classes de toute la rangée du bâtiment. Tant qu’à être là et à avoir de la peinture.

La course du soir va être particulièrement dure pour moi. La chaleur fait que je vais devoir marcher la moitié des 10 km du jour. Cette marche m’aura permis de profiter encore d’avantage du paysage qui m’entoure et de terminer cette course exténuée mais émerveillée par ce que j’ai vu. #nefaireplusqu1

Jour 5 – Mercredi 6 décembre 2017 – Jour off

Aujourd’hui, un tiers de l’équipe, dont moi, est de repos sur le chantier. J’en profite donc pour partir à la rencontre de la classe des CP de l’école primaire de Simal. La classe de mon fils a rédigé une lettre et fait des dessins à leur attention.
Ces instants partagés avec ces tout petits sont forts en émotion pour la maman que je suis. Le lendemain, l’instituteur de la classe m’a emmené une réponse qui a été remise le 14 décembre à la classe de mon fils, avec tout autant d’émotion. #missionaccomplie

Le soir, nous avons pris le départ d’une course nocturne de 5 km sur la plage de l’île du baobab sacré, située de l’autre côté du delta #pirogues . C’est donc éclairés par d’immenses feux de bois  et par nos frontales que nous avons couru. La fraîcheur naissante de la nuit (moins de 30 degré ) nous a également permis de respirer un peu.

Anecdote du soir : un rat  (gros comme un chat, très sérieusement) s’est invité dans la salle de bain de notre case. Je vous laisse imaginer la zizanie qu’il a semé.

Jour 6 – Jeudi 7 décembre 2017 – Retour sur le chantier

En notre absence, le toit et les ouvertures ont été posés. Ca change tout !
Aujourd’hui, nous crépissons les murs extérieurs et entamons les peintures des murs intérieurs. Monter sur l’échafaudage est une expérience en soi. #trouversonequilibre #IbelieveIcanfly
En parallèle, nous commençons déjà à nettoyer l’extérieur de la classe (jeter les sacs vides, déplacer les parpaings non utilisés ou cassés, ramasser nos poches d’eau, …).

Le soir, nous partons pour une course de 7,8km. Même si l’air est moins étouffant, je choisis de partir avec les randonneurs plutôt qu’avec les coureurs pour profiter encore plus longtemps de la brousse qui m’entoure. C’est alors 1h20 qui nous attend avec Yves mon compagnon de marche. 1h20 à écarquiller les yeux et à se raconter nos vies. C’est aussi ça, la #batirun. Ces rencontres, ces moments de partage.

Ce soir là, je sais déjà que le lendemain sera fort en émotion pour cette dernière journée de chantier. #missionpresqueaccomplie

Jour 7 – Vendredi 8 décembre 2017 – Dernier jour de chantier

L’ensemble de l’équipe est présente sur le chantier en ce dernier jour.
Nous finissons les peintures intérieures, continuons les peintures des ouvertures des autres classes et du bureau des professeurs et nettoyons les abords du chantier pour définitivement faire place nette.
Nous profitons également de la fin de matinée pour mettre en place les tables et les fournitures scolaires que nous avons apportées.
Notre objectif est atteint. Les élèves de la classe nomade pourront prendre possession de leur nouvelle salle de classe dès le lundi suivant. #missionaccomplie

Le soir, nous partons en pirogue pour rejoindre le point de départ de la course un peu plus loin sur le delta. Ce sera 8km dont les 3/4 de sable pour cette dernière course. Le parcours est top, le sable passe facile, la chaleur n’est pas trop présente (comparé aux autres jours bien sur) et l’arrivée se fait au son des tamtams et avec un enfant à chaque main.
Je passe la ligne d’arrivée, l’émotion est là et la médaille en bois de la #batirun autour du cou. Ca ne peut pas être déjà fini??

Demain s’annonce très très fort en émotion, je le sais …. mais je n’imagine pas encore à quel point.

Jour 8 – Samedi 9 décembre 2017 – Jour d’inauguration

Ce matin, nous rejoignons le collège de diofior avec nos fidèles charrettes mais nous nous arrêtons 1km avant pour finir en marchant. #cohesiondéquipe

L’inauguration est un évènement pour les habitants et pour nous. Un speaker assure l’animation pendant près de 2h, comme je n’en ai jamais vu !
L’ensemble des batirunners et du staff se retrouve dans la salle de classe pour célébrer la fin du chantier. L’émotion est à son comble et les larmes coulent toutes seules sur nos joues.
Avant de sortir écouter les discours et les remerciements, la communauté de Diofior nous offre une tenue traditionnelle que nous enfilons. L’équipe vient de prendre de la couleur et ça nous va bien!

Ce soir-là, il n’y aura pas de course mais le trajet de retour jusqu’en France.#aurevoir #senegal

Conclusion de cette aventure

Partage, échanges, rencontres, biscotos, pinceaux, parpaings, émotions, fous rire, sable, baskets, chaleur, poisson, dépassement de soi, accomplissement de soi, feux de bois, assia, charrettes, larmes, joie, poches d’eau, ….. altruisme.

La #batirun, c’est une semaine intense où tant de sentiments s’entremêlent.
Le temps d’une semaine, nous donnons de notre temps et de notre énergie pour la plus belle des causes, les enfants.
Je suis #fiere et #emue d’avoir participé à cette incroyable aventure humaine.

Tout cela n’aurait pas été possible sans mes sponsors : Vendée Numérique, Vitale Assistance et Helene Delapré.
Derrière ces sponsors, se cachent des personnes qui partagent des valeurs altruistes et qui ont été sensibles à l’action portée par la #batirun.
Un immense MERCI à eux pour m’avoir permis de prendre part à cette aventure humaine hors norme.

Et maintenant ?

L’action portée par l’équipe organisatrice de la #batirun m’a convaincu de resigner pour 2018. Mais cette fois, je n’y vais pas seule. Plus d’infos par ici.